La méchanceté gratuite et l’épithète assassine en guise d’éthique
du critique littéraire, on savait depuis longtemps que cela tenait lieu d’identité
à un certain T*** D***, alias G*** D***, par ailleurs bifrostien, auteur et
éditeur. Faut-il encore le relever, ne serait-ce pas trop d’honneur ? Dans
l’idiome de la partie nord de mon pays, on dit simplement « te veel is te
veel ». Et s’il n’y avait pas une sorte de copyright présidentiel et
malsain sur l’expression, on ajouterait volontiers : « C***-t***,
p*** c*** » ! J’y suis habitué. Pour d’obscures raisons (mais lui en
faut-il, des raisons ?), il ne m’aime pas et adore taper sur les clous qui
dépassent de son pauvre horizon littéraire. Cela m’attriste néanmoins pour la revue
de qualité qui abrite ces éructations, ainsi qu’envers ses autres
collaborateurs, qui risquent l’éclaboussure. Ah oui : si j’étais seul en
cause dans ce flot de fiel, il est évident que je me tairais – l’habitude n’est-elle
pas une seconde nature ? –, mais cette fois les effluves nauséabonds (« rien
à foutre », « creux à souhait, ridicule », « texte sans
histoire », « revue pour vieux, au fort parfum d’illustrés
poussiéreux », « bilan plutôt (…) minable », et j’en passe) s’en
prennent à tout le projet audacieux qui m’abrite et que j'entends défendre, de cette manière scandaleuse
qui fait la marque de l’individu. Dans les moyens de transport aériens bien
équipés, ou trouve de petits sachets pour ces occasions. La revue dont ce « critique »
(?) pollue les pages devrait en fournir à ses lecteurs.
Lieu de publication d'articles majoritairement littéraires, anciens, récents ou inédits. Centré plus particulièrement sur les littératures de genre telles que la science-fiction. Il s'agit autant de critiques littéraires que d'essais de fond. Et quelques humeurs, quelques souvenirs...
mardi 24 avril 2018
samedi 4 février 2017
Géométrie dans l'au-delà...
C’est une langue belle
avec des mots superbes. Nul besoin de se poser en admirateur d’Yves Duteil
pour aimer ce vers, qui allie la balance mélodique à la vérité du sens qu’il
porte. Ce sont les mots qui me sont tout naturellement venus à l’esprit à ma
dernière lecture, celle-là qui me pousse aujourd’hui à renouer avec ce blog si
souvent et depuis si longtemps délaissé. Une langue admirable, dont la
recherche est telle qu’elle coule naturellement, torrent de montagne qui
emporte d’emblée le lecteur. Une langue précise et sensuelle, évocatrice sans
pareille des lieux et des gestes, des odeurs, du toucher et de tous les sens.
Une langue déployée sans retenue mais avec exactitude, qui fait mieux que
décrire : qui évoque et rend vivants ceux qu’elle présente, ceux qui en
usent, ceux-là aussi qui ne font que passer, fussent-ils un bon gros chien
débonnaire... Une langue enfin, au service d’une narration qui pareillement
emporte, et très vite lie le lecteur au monde qu’elle donne à voir, à sentir, à
ressentir, même s'il s'agit d'un autre monde.
vendredi 15 janvier 2016
samedi 14 novembre 2015
Des mots pour Yal...
Depuis
son départ, de plus en plus, surviennent ici et là des témoignages concernant
Yal, qui disent la difficulté d’avoir à s’exprimer face au vide que sa
disparition nous laisse. (Bien entendu, cette phrase est déjà fausse en partie
– ce vide que nous pensons ressentir est tout sauf vide, puisque Yal nous fait
parler, le bougre, et surtout parce que tous ses écrits sont là qui demeureront
l’un des plus beaux témoignages de celui qu’il fut.) Pour moi, chaque jour
depuis ce triste matin qui ne peut pas se faire oublier, je contemple un espace
blanc sur un fond bleu : j’ouvre Word et je tente d’écrire quelque chose.
![]() | ||
| (J'aime beaucoup cette photo. Son auteur excusera je l'espère cet emprunt.) |
J’échoue.
J’aurais tant voulu sinon dire quelque chose lors des funérailles, au moins remettre un mot à Sara.
J’aurais tant voulu sinon dire quelque chose lors des funérailles, au moins remettre un mot à Sara.
J’ai
échoué.
Puis
les témoignages que je citais ont commencé d’exister dans cet espace que l’on
prétend virtuel mais qui témoigne pourtant plutôt bien de nos vies – de la même
manière qu’on peut le faire autour d’une table de bistrot. Jusqu’à ce moment,
même dans cette virtualité, j’ai échoué encore à parler de Yal.
Alors
peut-être devrais-je simplement dire, en peu de mots, ce que rencontrer Yal a
pu être pour moi, dire brièvement les trop rares moments qui nous ont réunis,
lui qui était à la tête de tant de mots et moi de si peu.
mardi 13 janvier 2015
La Perte-en-Ruaba accueille Michel Jeury...
(Michel Jeury est décédé le 9 janvier 2015 à Vaison-la-Romaine.)
J’ai découvert Michel Jeury au travers de l’immensité d’un écrivain qui m’a de suite subjugué lorsque j’avais aux alentour de vingt ans. Quarante ans et quelques poussières plus tard, c’est l’homme Jeury qui demeure le plus profondément inscrit dans l’orbe et la roue des souvenirs qui tournent en moi.
J’ai découvert Michel Jeury au travers de l’immensité d’un écrivain qui m’a de suite subjugué lorsque j’avais aux alentour de vingt ans. Quarante ans et quelques poussières plus tard, c’est l’homme Jeury qui demeure le plus profondément inscrit dans l’orbe et la roue des souvenirs qui tournent en moi.
Certes,
j’ai relu voici quelques années un grand pan de l’œuvre de Michel dans
l’optique d’un article qui fut un pur bonheur à écrire, car il me semblait que
je le lui devais. Et du Jeury, cela me fait toujours le même effet aujourd’hui
que lors des premières lectures : un choc et un plaisir intense. Une prose
telle que celle du Temps incertain,
qui entraîne son lecteur à ne plus se poser les questions de la forme et du
fond, car l’un implique nécessairement l’autre, demeure une œuvre que l’on ne
peut placer que parmi les plus importantes du siècle dernier, je pense.
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