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mardi 13 janvier 2015

La Perte-en-Ruaba accueille Michel Jeury...

(Michel Jeury est décédé le 9 janvier 2015 à Vaison-la-Romaine.)

J’ai découvert Michel Jeury au travers de l’immensité d’un écrivain qui m’a de suite subjugué lorsque j’avais aux alentour de vingt ans. Quarante ans et quelques poussières plus tard, c’est l’homme Jeury qui demeure le plus profondément inscrit dans l’orbe et la roue des souvenirs qui tournent en moi.
Certes, j’ai relu voici quelques années un grand pan de l’œuvre de Michel dans l’optique d’un article qui fut un pur bonheur à écrire, car il me semblait que je le lui devais. Et du Jeury, cela me fait toujours le même effet aujourd’hui que lors des premières lectures : un choc et un plaisir intense. Une prose telle que celle du Temps incertain, qui entraîne son lecteur à ne plus se poser les questions de la forme et du fond, car l’un implique nécessairement l’autre, demeure une œuvre que l’on ne peut placer que parmi les plus importantes du siècle dernier, je pense.

jeudi 25 décembre 2014

Chronique d'une visite au pays des Trolls...

(Republication d'un petit compte-rendu décalé qui avait trouvé place une première fois sur Facebook.)

Samedi 23 avril 2011, j’avais mis le cap sur Mons (Hainaut belge). Du 22 au 24 se tenait au Lotto Mons Expo (tout un programme) la quatrième édition du festival « Trolls & Légendes », censément « le festival de toutes les fantasy ». Pourquoi pas ? J’attendais une ambiance (je n’ai pas été déçu), des découvertes (le marché féerique – ou mieux médiéval – y a pourvu) et des rencontres (je savais que nombre d’acteurs du milieu fantasy/SF se devaient d’y être).

Il faisait à peu près caniculaire, et je n’étais peut-être pas dans le meilleur état d’esprit en quittant ma voiture après un Liège-Mons qui n’aurait dû se concevoir qu’entrecoupé de ravitaillements réguliers en eau glacée… Mais j’avais trouvé l’endroit (déjà pas évident pour un non-Montois). Ayant acquitté mon écot, j’étais prêt à toutes ces découvertes susdites.

lundi 7 avril 2014

Maalouf et la "sagesse populaire"



« Que nous reste-t-il du passé (...) ?
Presque rien, juste quelques bribes d’histoires accompagnées de cette morale résiduelle que l’on baptise indûment « sagesse populaire » et qui est une école d’impuissance et de résignation »
Amin Maalouf, Origines, 2004.

Des publics et des murs...

Dans un livre d’entretiens en compagnie de Paul Auster (La Solitude du labyrinthe, Actes Sud, 1997, réédité dans la collection « Babel », 2004), Gérard de Cortanze rapporte l’anecdote suivante : « Lorsque Auster tente d’écrire des pièces de théâtre, en 1976, l’une d’entre elles raconte l’histoire de deux hommes qui passent tout le temps du spectacle à construire un mur qui finit par se dresser entre le public et eux ! » Ce serait amusant d’imaginer que le leader d’un célèbre groupe rock britannique ait entendu parler de cette pièce à défaut de l’avoir vue, mais plus amusant encore de noter la correspondance étrange entre l’écrivain de Brooklyn et l’auteur de The Wall...

mardi 9 novembre 2010

Michel Serres

"Je suis gaucher et je me souviens très bien lorsqu'on m'a demandé de passer à droite. Là­-dessus j'ai une idée un peu différente des psys. Je ne suis pas contrarié mais complété; tout ce qui est intellectuel passe par la droite (j'écris à droite) mais dès que je saisis un marteau ou une raquette de tennis, c'est de la main gauche. Donc j'ai un corps complet ! Un droitier est un hémiplégique. Il m'est arrivé de faire des finales d'escrime, de basket pendant lesquelles on battait les droitiers à plates coutures - parce qu'on était obligé de s'adapter au monde des droitiers alors que les droitiers n'avaient qu'un demi-monde."